La danse du vent de Georges-Pascal Ricordeau

Où il n’y aurait que lignes brisées, courbes, combinaisons cérébrales guidées par la main, humaine et pensante, dans un même territoire de papier le vent joue son œuvre. Toujours le même procédé, grandes feuilles posées au sol, encres fixées au bout de lanières tressées, et la brise ou la tempête au bord de l’étang qui balance au rythme des rafales ou des risées ce bras articulé par les éléments.

De là nait toute la poésie, sorte de haïkus monochromes ou polychromes, résumant la pensée du vent circulaire, verticale, axiale, médiane, signes captifs, jamais les mêmes, comme si la nature ne se répétait jamais, insaisissable, signes fatalement beaux, de cette beauté que louait Nietzche dans les Divagations d’un « inactuel » : « Pourquoi y a-t-il de la beauté dans les sons, les couleurs, les parfums et dans les mouvements rythmiques de la nature ? ».

Dans les encres mobiles de Georges-Pascal Ricordeau, le regard peut se perdre tout autant que dans un Rothko ou un concetto spaziale de Fontana, qui sont, au-delà du concept, aussi de la couleur vibrante hors de toute théorie.

Le winding ricordien, avec ses mouvements, sinuosités et balancements, fait œuvre de peinture fragile, fluide, sensible, aléatoire. Il fait basculer le hasard du côté de la densité éblouissante.

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 Dans l’atelier de l’artiste à l’étang de Thau

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